© Airbus MilitaryRetards industriels dans la mise au point de l’avion de transport militaire, protestations de ses clients... Le président d’Airbus Thomas Enders préparerait l’abandon de ce programme.
Airbus et sa maison mère, le groupe européen d’aéronautique et de défense EADS, ont essayé pendant plusieurs mois de négocier avec ses sept pays clients de l’avion de transport militaire A400M. En vain. Dans un article paru ce mardi, le quotidien allemand Financial Times Deutschland rapporte que le patron d’Airbus, Thomas Enders, aurait évoqué l’abandon du programme.
Selon le journal, Thomas Enders aurait déclaré lors d’un repas de Noël de la direction du groupe, en décembre, qu’il ne «croyait plus à une poursuite du programme». Il existerait même déjà des listes d’ingénieurs qui seraient réaffectés de l’A400M à d’autres programmes de développement du groupe, sur l’A380 et sur l’A350 par exemple.
Pour mémoire, au total, ce programme concerne quelque 180 appareils, représentant 20 milliards d’euros. Airbus est confronté à des coûts de fabrication de l’A400M beaucoup plus importants que prévu et demande ainsi à ses acquéreurs de mettre plus d'argent sur la table.
D’après l’article du Financial Times Deutschland, Thomas Enders a exhorté les gouvernements impliqués dans le programme à trouver une solution sur sa poursuite éventuelle d’ici la fin du mois. Le PDG allemand estimerait les chances de succès de ces négociations à seulement 50%.
Cette menace d’abandon du programme ressemblerait plus à un chantage . Selon un général de l’armée de l’air, les Etats europeéns impliqués dans le programme A400M y tiennent particulièrement, car il «représente à la fois un enjeu politique et industriel important». Soit les gouvernements - qui ont besoin d’avions performants - remettent au pot, soit EADS se tord le bras, mais il semble peu probable que l’industrie aéronautique laissera tomber l’A400M, qui a effectué son vol inaugural le 11 décembre 2009. Autrement, c’est la part belle aux américains... et à leurs C17 et C130.